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Mémoires de porc-épic, le dernier roman d’Alain MABANCKOU

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Son nouveau roman, devrait confirmer l’auteur de Verre Cassé dans son statut de champion de la nouvelle littérature africaine. De Pointe-Noire aux grandes universités américaines, chronique d’une sucess story à la congolaise.

Son précédent roman, Verre Cassé, publié aux éditions du Seuil en janvier 2005, a enthousiasmé la critique et, récompenses littéraires aidant, s’est mué en succès de librairie. Alain Mabanckou a mis l’Afrique dans le cœur des lecteurs francophones en leur proposant une image novatrice de la production littéraire du continent. Son nouveau livre, à paraître à la fin du mois d’août, intitulé Mémoires de porc-épic, reprend le même filon stylistique (voir l’encadré page suivante). Magie du verbe que Mabanckou contrôle de main de maître, puissance du style d’une fluidité étonnante, enthousiasme surtout, qui entraîne le lecteur dans le flot des pages sans lui donner le temps de reprendre son souffle.

L’écrivain congolais, l’un des meilleurs espoirs de la littérature africaine contemporaine, révèle un talent d’écriture et une personnalité multiple, faite de rigueur et d’emportement. « J’écris au kilomètre, sans plan, sans documentation et sans stratégie », confie-t-il, dévoilant dans un sourire le ressort caché du mécanisme. « À la fin, j’harmonise le tout comme le ferait un metteur en scène. Je suis moi-même mon premier lecteur. Si je m’ennuie en écrivant, le lecteur s’ennuiera en lisant. Si j’y prends du plaisir, ce sera communicatif. »

Alain Mabanckou est né le 24 février 1966 dans la Bouenza, près de la ville de Mouyondzi, au sud du Congo-Brazzaville, et a passé toute son enfance à Pointe-Noire, au bord de la mer. Son père est réceptionniste au Victory Palace, un hôtel français aujourd’hui disparu. Sa mère, une petite commerçante, n’est jamais allée à l’école. Excellente raison pour y envoyer son fils, d’autant plus qu’à l’époque c’était obligatoire, gratuit, l’État offrant même quelques fournitures. Mabanckou est donc inscrit à l’école primaire Charles-Miningou. En pleine période marxiste, alors que le président Marien Ngouabi vient d’accéder au pouvoir, cela signifie levée des couleurs le matin, cours d’instruction civique, tenues kaki et foulard à la mode des « pionniers » soviétiques. « De cette époque, je garde gravée dans ma mémoire l’image de ma mère, quand elle me conduisait jusqu’à la route pour que je prenne le car de ramassage scolaire. J’y montais, je m’installais au fond et me retournais pour la voir, debout toute droite au bord de la chaussée, à me regarder disparaître dans le virage », raconte aujourd’hui l’écrivain. Sa mère, personnage central dans sa vie et dans son œuvre, auquel il rend régulièrement hommage, parfois sous une forme inattendue, un peu comme Alfred Hitchcock apparaissant dans ses propres films au détour d’une image.

Bon élève, il est classé dans les dix premiers au certificat d’études primaires et entre au Collège d’enseignement général Les-Trois-Glorieuses, hommage au soulèvement populaire de 1963 qui a obligé le président Fulbert Youlou à démissionner. Nous sommes en 1977. Survient l’assassinat de Marien Ngouabi. « Tous les enfants ont porté un brassard noir en signe de deuil. Nous avons appris la phrase officielle : le camarade président est mort, les armes à la main, lâchement assassiné par les ennemis de la nation, l’impérialisme et ses valets locaux. »

Loin de ces préoccupations politiques, le jeune Mabanckou fait une découverte plus en rapport avec son âge : la bande dessinée. « Je me suis passionné pour Tex Willer, un Texas ranger dont les aventures s’étendent du western à la science-fiction en passant par le fantastique », confie-t-il. Abonné à Rodéo, la revue qui publie son héros favori, il rêve de devenir à son tour auteur de BD et passe son temps libre au Centre culturel français, grand pourvoyeur de ce genre de distraction. Il esquisse même quelques planches. C’est l’adolescence, période difficile où l’on se cherche et l’on s’interroge sur son devenir. « J’ai découvert que j’étais un solitaire. » Normal, lorsqu’on est fils unique. Pesant, aussi. « Dans la société africaine, nous sommes responsables de l’absence des autres enfants. On dit que nous avons fermé à clef le ventre de notre mère. Nous sommes montrés du doigt à tel point que longtemps, à l’école, je me suis inventé une fratrie. »

C’est aussi l’époque du rêve, des passions. « Mon esprit vagabondait sans cesse, j’avais envie de voyager dans des pays lointains, dans un monde imaginaire, que j’inventais au fur et à mesure. Il me semblait que, de l’autre côté de la mer, il y avait un pays plus vaste et plus ouvert. » Un désir de liberté, de découverte, une insatisfaction qui pousse le jeune homme vers les livres. « J’ai décidé de lire tous les ouvrages de la bibliothèque, en commençant par A et en terminant par Z, comme Zola. Je me suis arrêté vers la lettre E... non sans avoir lu d’Alembert ou Aristote, des gens pas très faciles pour un garçon de 15 ans », raconte-t-il dans un éclat de rire.

Beaucoup de Mabanckou est résumé dans cette anecdote : un homme riche d’une imagination débordante, mais rationnel, pondéré, carré dans sa tête et dans son comportement. Quoi qu’il s’en défende, Mabanckou reste un amoureux de la langue classique. Il travaille ses phrases, polit ses tournures, soigne son style même dans ses formules dites « relâchées ». Sans arrêt, il compose, cisèle, nourrit son texte de ses différentes inspirations, de ses références littéraires. Verre Cassé est, à ce titre, emblématique : pas un chapitre ne se déroule sans que ne soit glissé, au détour d’une expression, le titre d’un roman connu, de L’Aventure ambiguë (Cheikh Amidou Kane) à Une saison blanche et sèche (André Brink) en passant par Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (Dany Laferrière).

Brevet d’études en poche, Mabanckou entre au lycée Karl-Marx de Pointe-Noire pour passer le baccalauréat littérature et philosophie. L’établissement est situé face à la mer. Cet océan Atlantique qui a inspiré tant de poètes exerce la même fascination sur le jeune homme, qui multiplie les longues balades sur la grève, à la découverte d’une côte sauvage qui l’encourage à écrire, à son tour, des poèmes qu’il dédie aux jeunes filles qui font battre son cœur.

Admirateur du poète français Alphonse de Lamartine, surtout pour ses Méditations poétiques où figurent « Le Lac » et « L’Isolement », de l’œuvre en vers de Victor Hugo, en particulier Les Rayons et les Ombres, il se rêve grand versificateur. « Je suis très sensible au côté sentimental de l’existence, aux marginaux, aux malheureux, aux faibles. J’aime Lamartine, qui a attendu une Elvire qui n’est jamais venue, Hugo, dandy de 80 ans qui pleura la mort de sa fille. » Les Marocains Abdellatif Laâbi ou encore Tahar Ben Jelloun, dont on oublie si souvent l’œuvre poétique, ont également ses faveurs.

Côté romans, il est davantage attiré par les Latino-américains. Gabriel García Márquez, Mario Vargas Llosa et Horacio Quiroga ont une place privilégiée dans sa bibliothèque, « ainsi qu’Ernesto Sabato et son Tunnel, un petit roman qui m’a fasciné, car j’y ai découvert comment, en cent cinquante pages, on pouvait boucler une intrigue sur la jalousie ». Les passions humaines, les méandres de la souffrance et le romantisme jalonnent les lectures d’Alain Mabanckou. On les retrouvera dans ses propres poèmes.

« Aucun des métiers de la vraie vie ne m’intéressait encore. Je cherchais plutôt à savoir comment avaient vécu mes auteurs favoris, quels malheurs ils avaient rencontrés. » Ce Mabanckou poète est loin de satisfaire aux ambitions de sa mère. Elle le voudrait juge. Il y a un greffier dans la famille, et elle estime que « c’est un excellent métier ». Lorsqu’il entend son nom à la radio parmi les lauréats du bac, c’est Brazzaville qui se profile à l’horizon. L’université Marien-Ngouabi refuse son inscription en communication. Le pays ayant besoin de juristes, il s’oriente vers le droit.

Mabanckou partage une chambre avec un cousin, dans une maison appartenant à l’homme politique congolais Kimbouala Kaya, dans le quartier du Plateau des Quinze-Ans. En fin de licence, il obtient une bourse pour aller en France. C’est enfin le grand départ tant rêvé. Seule ombre au tableau : « Je regrettais de laisser ma mère derrière moi. Elle s’est déplacée à Brazzaville, mais n’a pas voulu aller jusqu’à l’aéroport. Nous nous sommes dit au revoir dans un petit bar du quartier Poto-Poto. » C’était en 1989.

Mabanckou choisit d’abord Amiens, puis change d’avis et se tourne vers Nantes, mais sa licence congolaise ne bénéficie d’aucune équivalence. Il la recommence, puis passe sa maîtrise, part à l’université de Paris-XII-Créteil et s’inscrit enfin à Paris-Dauphine pour achever son DEA de droit des affaires. Il abandonnera avant la fin sa thèse, « Les dates de valeur en droit bancaire français ». Très loin du romantisme de ses jeunes années... Parallèlement, il trouve un poste au service contentieux de la Lyonnaise des eaux, qui va devenir le Groupe Suez. Il commence à s’intéresser à la politique française, hésitant vis-à-vis de la gauche, se fixant finalement à droite. « J’étais sympathisant RPR. C’est rare pour un membre d’une minorité africaine. Mes amis et moi avons soutenu Édouard Balladur aux côtés de Nicolas Sarkozy, que je considérais comme l’emblème de l’intelligence. »

Mais alors que Mabanckou voit sa carrière juridique toute tracée, l’écriture vient « semer du sable dans son atiéké ». En 1993, un premier recueil de poèmes paraît chez un petit éditeur français, la Maison rhodanienne de poésie. Au jour le jour est tiré à 150 exemplaires, hors commerce. L’auteur en fait lui-même la promotion auprès de ses amis, du libraire en bas de chez lui... À ce moment-là, il rencontre le poète camerounais Paul Dakeyo, directeur des éditions Silex-Nouvelles du Sud. Mabanckou lui confie L’Usure des lendemains, qui sort en 1995. Il y a davantage de liberté dans le ton, ce ne sont plus des vers, mais de la prose poétique. En 2000, l’ouvrage remportera le Prix Jean-Christophe de la Société des poètes français. Sur sa lancée, il adresse à Gérard Da Silva, qui dirige la collection « Poètes des cinq continents » aux éditions L’Harmattan, le manuscrit de La Légende de l’errance. Pius Ngandu Nkashama, professeur d’université et critique littéraire originaire de l’ex-Zaïre, signe la préface.

Pour la première fois, Mabanckou a un contrat avec un éditeur, chez lequel il va sortir trois recueils. Ils sont diffusés dans quelques librairies, mais la promotion est difficile. « Il me fallait faire des lectures ou aller dans les salons du livre pour espérer en vendre cinq ou six », se souvient-il. « À cette époque, je n’étais pas sûr de moi. Je pensais que seule la nostalgie de mon Congo perdu me faisait écrire. Je sentais pourtant que quelque chose me portait, me poussait à continuer. »

Entré à la Lyonnaise des eaux avec la seule nationalité congolaise, Mabanckou acquiert la nationalité française pour des raisons pratiques. Il vit en France depuis plusieurs années, il a un fils, Boris, né en 1992 de son mariage avec une Guadeloupéenne, auquel il ne souhaite pas imposer un territoire plutôt qu’un autre. « Je devais m’enraciner et lui préparer un avenir », dit-il. Dans La Légende de l’errance, il y fait une brève allusion : « Je tiens la main de Boris dans ma main gauche... » L’écrivain admet aussi qu’il est plus facile de voyager dans le monde avec un passeport européen.

Quand Jean-Loup Pivin, directeur de la Revue noire, publication offrant alors une large vision de la création africaine contemporaine, lui demande d’écrire une nouvelle, Mabanckou s’exécute. À la lecture, son commanditaire l’encourage vivement à se lancer dans le roman. « Je lui réponds d’abord que c’est impossible, je n’ai pas suffisamment d’imagination. Mais, finalement, je me mets au travail », raconte l’écrivain. Il tire sa technique romanesque non des grands auteurs classiques, mais de Frédéric Dard. « J’adorais San Antonio. Mon père en rapportait du Victory Palace. Petit, il m’interdisait de les lire, mais évidemment, dès qu’il avait le dos tourné, je les dévorais. J’étais époustouflé par les descriptions de Frédéric Dard, ses calembours. »

En 1998, il achève le manuscrit de Bleu, blanc, rouge. Pour le plaisir, il anime alors une chronique littéraire sur Radio Média Tropical, station parisienne sur laquelle il reçoit Gisèle Pineau, Xavier Orville, tous ces Antillais dont on entend rarement la voix sur les ondes « officielles ». Malgré ces relations, l’ouvrage est refusé par plusieurs éditeurs parisiens. En revanche, il retient l’attention de Christiane Diop, la directrice des éditions Présence africaine. « J’ai tout de suite remarqué cette écriture originale, prometteuse », raconte-t-elle aujourd’hui. L’année suivante, Mabanckou obtient le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire. Et Dieu seul sait comment je dors sort en 2001, également chez Présence africaine. Il est inspiré par les aventures antillaises de son auteur. « Les histoires de ma vie forment mes personnages. Dans Bleu, blanc, rouge, je considérais déjà le roman comme un enchevêtrement d’anecdotes. Dans le suivant, je noue ensemble sept ans de vie. » Le bossu africain, l’Antillais marginal Auguste-Victor, la mère... les protagonistes portent en eux une part de la personnalité de leur géniteur, à appréhender comme un puzzle dont on pourrait, une par une, ordonner les pièces. Transparent, Mabanckou ? Pas vraiment, il possède un art consommé de l’ellipse et du leurre.

En 2001, la guerre civile au Congo est achevée, mais les blessures sont encore vives. « Je n’étais pas au pays, mais j’ai eu l’impression d’assister à un dépeçage, à la disparition de tout un monde. J’ai eu envie de raconter une histoire d’amour en temps de guerre. » Ce sera Les Petits-Fils nègres de Vercingétorix. L’ouvrage paraît en 2002 aux éditions du Serpent à plumes, que dirige alors Pierre Astier. Quitter madame Diop, qui l’a révélé au grand public, n’est-ce pas une forme de trahison ? Alain Mabanckou s’en défend vigoureusement, et elle-même lui donne raison. « Je vois partir mes auteurs sans tristesse, ils sont jeunes et veulent se faire connaître. Je ne peux pas leur offrir la promotion dont ils ont besoin. Je reste toujours tendre avec eux, même s’ils m’ont quittée », admet-elle, un brin de nostalgie dans la voix.

Pierre Astier se souvient : « Nous nous sommes rencontrés en 2001 à Sousse, en Tunisie, lors du Congrès international des études francophones, réunissant des centaines d’enseignants et des écrivains. J’ai senti un fort potentiel chez Mabanckou. Son écriture était classique et posée, mais juste. On sentait sa détermination et une immense culture derrière, deux atouts pour réussir », raconte-t-il. Deux mille exemplaires vendus, c’est le premier vrai succès pour l’écrivain congolais.

African Psycho sort l’année suivante et reçoit un accueil encore meilleur. Angoualima, l’assassin dont il est question, a réellement existé. L’écrivain s’autorise enfin à prendre quelque licence vis-à-vis de la construction classique. Le personnage central, Angoualima, atypique et fantasmatique, n’est pas le héros du roman mais son inspirateur. Le livre a été écrit aux États-Unis, où l’écrivain congolais était invité pour une année de résidence d’écriture à l’université du Michigan. L’établissement, enthousiasmé par le résultat, lui offre alors un poste de professeur. Le congé sabbatique obtenu du Groupe Suez se transforme en démission. Mabanckou, divorcé, n’emmènera pas sa famille avec lui. Solitaire, une fois encore. « C’est une chance, estime Pierre Astier. Mabanckou était l’objet d’un engouement brutal de la part des professionnels, des critiques et de l’intelligentsia parisienne. Il aurait pu lui arriver la même mésaventure qu’à Yambo Ouologuem [écrivain malien que le succès puis l’oubli ont plongé dans la folie]. Son éloignement le protège et lui permet de travailler. »

« Je suis entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, et j’aime cette situation. Peut-être est-ce mon destin qui s’accomplit enfin... », estime un Mabanckou alors résident à Ann Arbor (Michigan) et qui avoue ressentir, parfois, un pincement au cœur en pensant à son lointain Congo. Il enseigne les littératures francophones, les nouveaux écrivains africains comme le Djiboutien Abdourahman Waberi, le Malgache Jean-Luc Raharimanana, le Béninois Florent Couao-Zotti. Il propose aussi une lecture des Africains-Américains James Baldwin, Richard Wright, Claude McKay et le Harlem Movement. De temps à autre, il échange des idées avec d’autres écrivains expatriés comme lui, son compatriote Emmanuel Dongala, qui partage son temps entre l’État de New York et le Massachusetts, ou la Guadeloupéenne Maryse Condé, enseignante à l’université Columbia de New York.

La véritable hardiesse stylistique de Mabanckou explose avec Verre Cassé. « Pour me remettre en question, il me fallait bousculer la forme de l’écriture, la travailler autant que le fond. » Il commence à écrire en 2002 dans un bar du port de Douala où l’a conduit l’opération promotionnelle « Portes d’Afrique », du quotidien français Le Figaro. Il s’y attable sept jours durant pour observer les clients. S’ajoutent des personnages qui semblent sortir de précédents ouvrages : l’Imprimeur a vécu à Paris, la ville de Bleu, blanc, rouge ; Céline, son ex-épouse antillaise, pourrait être extraite de Et Dieu seul sait comment je dors. Les tournures que l’on avait décelées dans African Psycho sont ici parfaitement maîtrisées. Bref, un mélange qui va, d’emblée, emporter l’adhésion du public. « Je ne m’attendais pas à être primé, je pensais avoir le destin commercial des auteurs appréciés par quelques critiques, c’est tout. »

Pourtant, c’est l’avalanche : Prix des Cinq continents de la Francophonie, Prix RFO du livre 2005, Prix Ouest-France, retenu en seconde lecture pour le Fémina et présent jusqu’en dernière sélection pour le Renaudot. Plus de 30 000 exemplaires vendus, une bonne affaire pour les éditions du Seuil, le nouvel éditeur de Mabanckou. Le succès ne fait pas prendre la « grosse tête » au souriant Congolais, qui promène son immense silhouette avec bonhomie de salons du livre en séances de dédicace, un mot gentil pour tous et surtout pour les amis qui viennent saluer son succès. Comme si celui-ci n’était dû qu’à une chance inespérée et non à des années de travail acharné. Du coup, les Américains lui font plus que jamais les yeux doux et il est happé par la célébrissime université Ucla (University of California, Los Angeles).

Depuis juillet 2005, Alain Mabanckou anime régulièrement son blog personnel sur un site congolais (www.congopage.com). L’écrivain, que l’on entend encore trop rarement dans son propre pays, est désormais un auteur célèbre. Il se fait chatouilleux avec les critiques, plus exigeant avec les journalistes. Il a la dent dure avec ses collègues comme Jean-Luc Raharimanana, avec lequel il polémique via la revue Africultures, mais également avec les jeunes écrivains. Au point que Christiane Diop se prenne à le déplorer. « Il n’a pas été gentil avec Thomté Ryam, auteur de Banlieue noire, que nous avons édité. Il m’a même prêté des propos que je n’ai pas tenus. » En attendant, Mabanckou continue sa route et les éditions du Seuil entendent bien faire des Mémoires de porc-épic l’un des livres phares de la rentrée de septembre 2006.

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