| De l’écrit à l’oral :
a transformation des
classiques du roman africain |
Bon nombre d’ouvrages sur l’histoire littéraire de l’Afrique compor-
tent un chapitre ou une section consacrés au passage de l’oral à l’écrit
où l’on rappelle d’abord que les sociétés africaines se caractérisaient
par l’expression orale avant l’arrivée des colonisateurs européens. Si les
termes désignant ce « passage » sont ici intervertis, c’est pour mieux
insister sur le fait que la critique littéraire, elle, a fait le cheminement
inverse en supposant, dans un premier temps, que les romanciers
avaient adopté les conventions de la « tradition écrite » européenne ;
elle s’est ensuite ravisée en affirmant que les écrivains s’inspirent en réa-
lité depuis le début de la tradition orale africaine. Ainsi, Mohamadou
Kane, par exemple, précise pour expliquer sa démarche critique :
Les romanciers font jouer leur double héritage traditionnel et moderne.
C’est en cela que réside l’originalité des œuvres africaines. Pendant long-
temps, celles-ci ont été étudiées et appréciées en fonction exclusivement
du contexte culturel européen. Ces dernières années, la tendance s’est accu-
sée de revenir de ces vues étroites et partiales et de privilégier le contexte
de formation de l’écrivain qui se trouve être aussi celui de référence...

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